On attribue souvent aux autres ce que l’on est soi-même. Nous en avons une illustration avec cette parabole, appelée le plus souvent celle du fils prodigue, ce qui souligne qu’il dilapidait la fortune reçue. Ceci n’est pas faux, mais il se trouve que la faute la plus importante n’est pas là.
Elle n’est même pas là où
on la situe habituellement quand elle est le thème de l’évangélisation
populaire.
C’est pourquoi j’ai
choisi comme titre : « La parabole du rétrograde ».
Les croyants doivent
souvent être comparés au mécanisme de la voiture : plusieurs vitesses…mais
aussi : « marche arrière », c’est de cette dernière qu’il
s’agit.
Que les enfants de Dieu
avancent avec la 1ère vitesse, la 2ème ou la 3ème,
le principal est qu’ils avancent ! Là où commence la tragédie, c’est s’ils
passent la marche arrière !
C’est très précisément le
cas du fils que nous présente Luc.
Il vit dans la maison du Père, ce n’est pas un
de ces pécheurs impénitents à sermonner : non ! Non ! C’est l’un
des fils de la maison, on dirait aujourd’hui un « fidèle ».
Regardons cet arbre
magnifique : ses branches ploient sous le poids des fruits ; mais
cette branche-là, qui penche…Voyons de plus près : il n’y a aucun fruit,
d’où vient qu’elle penche ainsi ?
Je m’approche : il y
a beaucoup de feuilles mortes. C’est curieux, car tout l’arbre est orné de
feuilles vertes et de magnifiques fruits ?
Cette branche, pas comme
les autres, est privée de ce que les autres ont eu : le bénéfice de la vie
qui se communiquait et se répartissait généreusement à toutes les branches.
Dans la Maison du Père
Céleste il existe aussi des fils, comme cette branche, comme le fils rétrograde
de Luc 15, qui quoique faisant partie du tout,
ne profitent pas de l’apport vital, pourquoi ?
Il en est qui veulent
« autre chose » que ce que le Maître de la Maison a décidé de leur
offrir. Ils sont un peu comme ces enfants gâtés qui ayant trop de pain,
demandent de la brioche…
Alors ils ont perdu
l’appétit ! Il leur faut « autre chose », et les voilà qui
quittent la Maison du Père !
Mais le Père les attend…
